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Cette presse à bras en métal constitue une des plus belles pièces de la collection Pozzoli. D'un point de vue technique, elle symbolise une avancée considérable dans le domaine de l'imprimerie. D'un point de vue historique, cette "Stanhope" est l'une des six machines ayant appartenu à Balzac lorsque celui-ci a débuté sa courte carrière d'imprimeur.
Par ailleurs, on ne peut qu'admirer la beauté et l'élégance de cette machine, ornée de nombreuses décorations. Fiche technique:| Dénomination | Machine à imprimer par typographie
| | Précisions sur la dénomination | Presse à bras
| Appellation
| Albion
| Collection
| Collection Pozzoli
| Structure et typologie
| Matériau d'origine végétale (solide en masse, produit fini)
| Matériaux et techniques
| Métal
| Dimensions
| H. = 1,9 m L. = 1,64 m l. = 1,1 m
| Précisions sur les dimensions
| Marbre : L. = 80 cm l. = 60 cm. Marbre de pression : L. =70 cm l. = 55 cm.
| État de conservation
| En état de marche
| Fabricant
| Stanhope
| Personnes liées à l'histoire de l'œuvre
| Balzac Honoré de (premier acquéreur) ; Barbier André (associé de Balzac) , Pozzoli Serge (collectionneur) ; Mme Pozzoli (vendeur) | Lieu de fabrication
| Royaume-Uni | Provenance
| Ile-de-France, 75, Paris, 17-19, rue Visconti (anciennement 7, rue des Marais-Saint-Germain où se trouvait l'imprimerie d'Honoré de Balzac).
| Datation
| Vers 1810
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FonctionnementDepuis Gutenberg, peu d'améliorations ont été apportées à la presse à imprimer. Mais, en 1795, lord Stanhope bouleverse la façon d'imprimer avec sa presse entièrement en métal, beaucoup plus stable que les anciennes presses en bois : le plateau de pression, abaissé par un levier, permet d'exercer une pression plus importante et plus nette. Un jeu de leviers permet de régler l'impression d'une manière très précise. L'impression est réalisée en un seul passage car la taille de la platine est plus importante. Toutes ces améliorations facilitent le travail des imprimeurs mais permettent aussi d'obtenir des rendements bien supérieurs. HistoireEn 1772, un fondeur de caractères de Bâle, William Haas, avait construit en cachette une presse en fer. Malgré le peu de descriptions qui nous sont parvenues, nous savons que Haas faisait passer la vis à travers un socle en métal qui avait la forme d’un arc, qu’il plaçait le barreau, comme dans les presses à monnayer, à la partie tout à fait supérieure de la vis, puis qu’il adaptait un poids à l’autre bout de ce levier. Le barreau de la presse décrivait ainsi un arc d’un plus grand rayon et l’imprimeur pouvait, en lui donnant l’impulsion, exercer une force beaucoup plus grande que sur les presses précédentes. Par la suite, le fils de Haas reprit la presse de son père et l’améliora, et il en vendit un très grand nombre en Suisse et en Allemagne. Vers 1795, une autre presse fut construite à Londres. Elle était aussi entièrement en fer et son avènement entraîna de façon définitive l'abandon des presses en bois. L’inventeur de cette nouveauté était Charles Earl Stanhope (1753-1816). Avec elle, le travail devenait beaucoup moins pénible qu'avec une presse à bois: l'impression obtenue était plus nette et le rendemenrt supérieur. Ce résultat était obtenu grâce à l’utilisation du métal et aux améliorations que Lord Stanhope avait su apporter au mécanisme de pression, notamment au levier qui pouvait être réglé très finement et faisait ainsi agir avec douceur la vis de pression. Celle-ci était modifiée, son effet était assoupli par des leviers placés pour une démultiplication de l’effort ; un contrepoids faisait remonter la platine seule, dès l’impression effectuée. En plus d’une grande solidité, Stanhope avait réussi à donner à sa presse un aspect élégant ; au lieu des gros montants verticaux entre lesquels montait ou descendait le plateau de pression, se trouvait une massive lyre de fonte de fer, pouvant supporter n’importe quels effets de pression, sans que l’ouvrier ait à donner un effort augmenté ; l’ensemble reposait sur une base de chêne ayant la forme d’une croix. Une dizaine d’années après son apparition, deux presses entièrement en fer arrivent des Etats-Unis : la "Columbian" (1797), œuvre d’un mécanicien d’origine suisse du nom de Clymer, et l’ "Albion", lui ressemblant beaucoup et datant de la même époque. La Columbian était recouverte d’ornements en relief et surmontée d’un aigle déployant ses ailes ; elle pouvait également imprimer des formats plus importants que ses devancières. Ces deux nouvelles presses, comme la Stanhope, étaient entièrement en métal et, pour la première fois, la pression était obtenue sans l’intermédiaire d’une vis. Peu après, Cope et Harrild (en Angleterre) construisirent également des presses à levier. Clymer faisait donner la pression à sa Columbian par le jeu de petits leviers que l’action du barreau changeait de position, et le bâti supérieur de la presse, celui qui est transversal, répondait à l’appel des leviers par son poids. L’ "Albion", elle, donnait aussi sa pression par le moyen de deux petits leviers articulés, et ces 2 presses, de même que la Stanhope, avaient l’avantage de posséder un mécanisme simple permettant de régler minutieusement la pression, ce qui était inconnu du temps des presses en bois. Le foulage, étant bien délimité, permettait un tirage régulier sur toutes les feuilles qui se succédaient dans la presse ; toutes les trois sont restées les derniers avatars de la presse à bras. On peut voir des Columbian et des Albion surtout en Amérique et en Angleterre ; en France et dans d’autres pays, on voit des Stanhope ou des dérivées de celle-ci. Pendant bien longtemps, les constructeurs en placèrent des quantités, qui étaient plus ou moins copiées des modèles originaux. La presse Washington a été inventée aux Etats-Unis par Peter Smith en 1822. Le constructeur, Robert Hoe, y apporta des perfectionnements importants, lesquels, conjugués avec ceux que renfermait une autre presse américaine, aussi à joints articulés avec ressorts pour la remontée automatique du plateau, et qui fut inventée par Samuel Rust en 1827, ont donné entre elles deux : la Washington. Les presses en fonte de fer surgirent de tous côtés à une époque où les inventeurs s’ingéniaient à découvrir l’instrument pouvant imprimer vite. Avec les premières presses du temps de Gutenberg et de ses successeurs, on produisait à peine 300 feuilles imprimées par journée de 14 heures, soit une vingtaine par heure environ, deux hommes solides étant employés à la presse, l’un uniquement chargé de l’encrage de la forme avec des balles qu’il échauffait en les frottant l’une contre l’autre, avant de tamponner les caractères en les appuyant sur ceux-ci avec toute la délicatesse requise, et l’autre, le pressier, manipulant les feuilles de papier humide, les apposant sur les caractères et tirant sur le barreau pour donner la pression, puis retirant avec soin la feuille fraîchement imprimée et la déposant sur une table ou en la suspendant à  une corde tendue, afin qu’elle puisse sécher. Bibliographie- Audin (Maurice), Histoire de l’imprimerie, Paris, Ed. A. & J. Picard, 1972.
- Bellanger (C.), Godechot (J.), Guiral (P.), Terrou (F.), Histoire générale de la presse française, t. 1, Des origines à 1814, Paris, PUF, 1969.
- Boyce (George), Curran (James), et alii, Newspaper history from the seventeenth century to the present day, Londres, Constable, 1978.
- Chartier (Roger), Martin (Henri-Jean), Histoire de l’édition française, t. 2, Le livre triomphant : 1660 – 1830, Paris, Promodis, 1984.
- Clair (Colin), A History of printing in Britain, Londres, Cassell, 1965.
- Moran (James), Printing presses. History and development from the fifteenth century to modern times, Londres, Faber and Faber, 1973.
- Neipp (Lucien), Les machines à imprimer depuis Gutenberg, Paris, Club bibliophile de France, 1951.
- Sterne (Harold E.), A catalogue of nineteenth century printing presses, NewCastle et Londres, Oak Knoll Press & The British Library, 2001.
Illustrations 
Vue de côté Vue de face. Détails : vue du châssis ornementé, barreau, platine et marbre. Détail. 
Détail : pied en forme de patte de lion.
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